Les Rois du bonheur !

A l’université de Yale les cours de bonheur font un tabac. Hasard ? Nécessité ? Effet de mode ?…

Avertissement : article à lire (un peu) au second degré 😉

Aux États-Unis, plusieurs études pointent l’augmentation des cas de dépression et de troubles psychologiques parmi les étudiants. L’université Yale réagit en mettant au programme l’apprentissage des comportements positifs. En France, le suicide des ados est la deuxième cause de mortalité nationale comme le pointe le rapport du Ministère des Solidarités et de la Santé.  Allons-nous, nous aussi, mettre au programme l’apprentissage des comportements positifs au menu de l’éducation nationale ?

Chez nous, hormis quelques rares initiatives de professeurs souvent vus comme des « illuminés » par leurs collègues, deux universités enseignent la psychologie positive : Grenoble et Metz, en plus d’organismes satellitaires (cf liste).

Mais, en fait, avons-nous vraiment besoin d’enseigner la psychologie positive en France ?Avons-nous toujours besoin de copier et de propager ce que font les américains ? Car les américains, pragmatiques par nature, ont cela de spécial : ils trouvent les solutions aux problèmes qu’ils génèrent. La psychologie positive aussi nommée « science du bonheur », en est un exemple. Et si l’intention de départ d’une minorité est louable en soi, elle pourrait néanmoins finir par jouer contre la majorité…

Chez les français, le suicide des ados peut être mis en lien avec les « questionnements existentiels » typiques du passage critique de l’adolescence à l’âge adulte. Typique aussi de notre culture « pensante ». Alors que les troubles des étudiants américains sont plus souvent liés à la peur d’un avenir qu’ils savent esclavagisant avant même d’avoir commencé (dette étudiante exponentielle) et d’un marché du travail hyper compétitif (libéralisme oblige). Typique aussi de leur culture du « faire ».

Nous, on pense. Eux, ils agissent.

Si nous agissions tout en pensant pour enfin Être, nous français deviendrions les « Maîtres du Jeu-JE » et reprendrions notre place au coeur de l’Histoire.

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Vivre la vie comme un connaisseur

« Connaisseur » est le terme français employé par Tal Ben-Shahar professeur de bonheur qui a longtemps enseigné en anglais à l’université de Harvard, et désormais au Wholebeing Institute, comment vivre une « vie bonne ». Bref, Tal Ben-Shahar dépoussière et démocratise un concept qui date de la philosophie antique !

Les maîtres du bonheur américains et leurs disciples français, prennent donc exemple sur l’ancien monde – et les connaisseurs qu’un temps nous fûmes – pour résoudre leurs problèmes vite fait bien fait dans le but de faire perdurer le système, tout en donnant l’impression savante qu’ils le réinventent. Ravis et fiers de leur trouvaille, ils s’empressent alors de l’ériger en modèle du bien vivre et nous donnent des leçons de bonheur et d’optimisme. Leçons qui pour la plupart, tombent sous le sens. Seul hic, repus, confus et un brin râleurs, nous les avions oubliées !

Résultat des courses : les américains nous expliquent à nous frenchy, preuves scientifiques à l’appui, les bienfaits de la gratitude et donc, l’intérêt de dire merci et d’être poli (on a Nadine de Rothschild et son guide du savoir-vivre et même le Galateo mais ça, on l’a oublié). Altruistes, ils nous rappellent les bénéfices de s’assoir à une terrasse de café pour philosopher en bonne compagnie (alors qu’on a le Café de Flore et le #TousEnTerrasse). Soucieux de notre bien-être, ils nous rappellent aussi que marcher c’est bon pour la santé et font des habitudes de Socrate – marcher en questionnant ses disciples – une pratique à la mode : le « walking meeting »! Et enfin, last but not least, mes chers amis américains – chantres du burn out – nous donnent des conseils et des astuces précieuses pour apprendre à équilibrer vie perso et vie pro, à nous les champions des congés payés !!

Non mais allô, quoi !!

OMG ! Qui aurait cru qu’un jour je citerai Nabila ????!! Bref, le monde est sans (sens ?) dessus-dessous.

Avions-nous vraiment besoin de preuves scientifiques pour confirmer ce que dicte le simple bon sens ? Il semblerait que oui… mais pourquoi ?

Se réveiller avant de finir en Happy ConsoMaster…

Un extrait du «Journal de pensée» de Hannah Arendt illustre bien la fracture séparant à ses yeux la mentalité moderne de celle des grands Grecs qui inventèrent le souci du bonheur alors que les Etats-Unis inventèrent le grand rêve consumériste.

« La passion « to make the world a better place to live in » a modifié le monde, mais a également eu pour conséquence qu’au cours de ce processus d’amélioration tout le monde a oublié ce que « to live » veut dire. Ainsi les Américains vivent-ils effectivement dans « le meilleur des mondes possibles » tout en ayant perdu la vie elle-même. C’est un enfer.»

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Les rois du bonheur !

Alors, nous français, cessons de critiquer nos acquis, d’envier l’herbe plus verte de nos voisins, ou de perdre notre temps à réinventer ce que le monde entier nous en-vie ! Nous, français, avons toutes les raisons d’être fiers et optimistes. On ne le croirait pas comme ça pourtant, nous sommes les rois du bonheur !

Redécouvrons avec joie notre patrimoine du bien vivre et aimons-le avant qu’il ne devienne un produit dérivé de son sens premier… Car la question essentielle se pose en ces termes : pourquoi les maîtres à penser américains, poussent-t-ils le monde à être (si) heureux et qu’avons-nous à offrir en contrepartie pour que ce mouvement vers le bonheur ait du sens ?…

Entrons en scène et jouons notre rôle !

Je vous invite à me rejoindre au Printemps de l’Optimisme. Evénement national auquel j’ai l’honneur de participer aux côtés de nombreuses têtes d’affiches. J’ai la chance d’y animer une conférence interactive avec le jeu « Joue Ta Vie® », le 23 mars de 9h00 à 9h45 puis une formation de 14h30 à 16h00.

Le bonheur : une création originale de… 

Chaque JE compte ! Venez nombreux pour faire entendre votre voix et, qui sait, peut-être même, trouver votre voie…

Fatima, Professeure de bonheur, la french touch en plus ! 🙂

PS : je me suis beaucoup amusée à écrire cet article. Je tiens à spécifier pour les lecteurs qui ne connaissent pas mon parcours, que j’aime profondément l’Amérique que je considère comme ma Terre de Réalisation. En effet, c’est en Californie où j’ai vécu quatre ans, que j’ai accouché du jeu Joue Ta Vie, un jeu qui synthétise efficacement et avec drôlerie (on n’est pas toujours obligés de se prendre au sérieux pour faire les choses sérieusement) le meilleur de mes deux cultures : la française et l’américaine. Je suis aussi reconnaissante et admirative de mes confrères et consoeurs qui ont défriché le terrain et tracé la voie du bonheur qui m’a menée jusqu’à vous. J’espère que vous aurez autant de plaisir que moi et surtout, le sourire aux lèvres à la fin de votre lecture.


 

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